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Perrine, alias Bonnie Dégaine, situe sa pratique entre les arts vivants, sonores et audiovisuels. Quoi qu’elle écrive, fabrique ou imagine, il y a une toujours une finalité d’activation live, et de mise en mouvement pour de la performance, du spectacle ou de la vidéo. C’est durant ses études aux Beaux Arts de Bordeaux qu’elle légitime une pratique d’écriture et de composition, à partir de matière textuelle (poèmes, consignes d’évacuation, slogans multiculturels, chants de lutte…) et décide de faire de sa voix son mode d’expression poétique. Elle définit ses chansons en tant que musique-muqueuse au sens où elle joue avec son corps comme d’un instrument, une matière danse, vibratoire et percussive. C’est aussi pour elle une manière d’en faire un corps de femme qui agit et fait du bruit, face à sa sexualisation et son objectivisation systémique, tout en détournant des codes de la féminité à des visées éco-burlesques. Elle cultive un rapport physique voir sensuel au monde et ses textures, sa surface et ses vies souterraines. Elle crée des
formes qui mettent en lien la chair des personnes sexisées et la terre des champs et des chantiers, pénétrée, malaxée, asphyxiée.
La dimension documentaire de sa démarche artistique lui est chère afin de se sentir toujours rattachée aux réalités sociétales, néanmoins elle croit à la fiction en tant qu’espace de rencontre, de réflexion pour nourrir des imaginaires communs plus désirables ; elle aime faire dialoguer ces deux discours au sein de ses vidéos, pièces sonores, textes, et personnages, dans des perspectives d’hybridations esthétiques.
Artiste vocale, elle considère la voix en tant que geste à la fois intime et politique permettant d’aborder des sujets plus profonds et de canaliser des émotions. C’est ainsi qu’elle anime des ateliers de « chorale expérimentale », pour des publics spécifiques et parfois militants, comme occasions de faire naître une parole, une prise de confiance. En cela elle s’intéresse aux chants
populaires (bretons, italiens) polyphoniques ; là où s’allient le sens et le son pour y maintenir des fonctions sociales et anthropologiques et faire perdurer des mémoires communautaires. Elle est attachée à cette vision de FAIRE la musique, moins subjective, spectaculaire, loin des logiques
de propriétés individuelles. En solo ou à plusieurs, oscillant entre les musiques pop, musiques traditionnelles et musiques improvisées, Bonnie fait de l’art un prétexte à l’action et à l’intention collective, en tant que réinvention perpétuelle de rituels contemporains organisés ou spontanés.